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Dormir c'est tricher !

Dernière mise à jour : 26 janv. 2023


En 2023, l'objectif est de vous faire partager des expériences ou récits sur plusieurs thèmes. On commence par un sujet important pour ceux qui s'inscrivent sur des épreuves longues distances, le sommeil.




Depuis quelques années maintenant ,les épreuves de longues distances gagnent en popularité. Elles se multiplient, les participants augmentent, on communique beaucoup (trop).

Les suiveurs ou dotwatchers apparaissent en passant des heures derrière leur écran à suivre leur cheval de course. L'industrie du vélo s'y intéresse, sponsorise, et voila que l'ultra est devenu à la mode en donnant l'impression d'être accessible à tous.

Enchainer des heures de vélo en dormant peu n'est pas donné au premier venu , ni à un ancien compétiteur (route/tri ou autre). Le sommeil peut être perçu comme une "perte de temps" par rapport à la "glorification" de l'évitement du sommeil.

Au cours des dernières années ,les stars d'ultra apparaissaient comme des compétiteurs capable de se priver de sommeil, mais est-ce la bonne solution pour performer? Beaucoup aujourd'hui reviennent en arrière après avoir vu leurs performances baisser ou avoir mis en danger leur santé.




Alors on dort ou pas ?


Savoir gérer son sommeil est un facteur important sur une épreuve longue distance. L'aspect privation est commun depuis 3/4ans avec la mise en évidence de grosses performances sur les réseaux. Dorénavant tout le monde pense en être capable, mais cela demande une certaine prise de risque et surtout une bonne connaissance de ses capacités.


Ne pas dormir ne veut pas forcément dire performance!

Sur la Three Peaks 2021 ou j'étais au départ (2500KM en autonomie parcours et logistique), lors de la 1ère journée les trois quarts des participants n'ont pas dormi, par peur de se retrouver loin du classement ou en voulant gagner du temps avant les premières montagnes.

Au cours de la 3ème nuit et l'apparition d'une météo capricieuse (neige) beaucoup ont dû effectuer de plus longues pauses pour ne pas sombrer sur la deuxième partie de l'épreuve.

Lors de La Mittelgebirge Classique (2022) beaucoup ont tenté de reproduire ce schéma afin de gagner des places dans la nuit, mais au lever du soleil leur condition physique était trop dégradée et leur gain en temps s'est vite retourné contre eux.


Avec tous ces cas, je serai plutôt à même de conseiller de dormir et fractionner son temps de sommeil afin de récupérer (à adapter selon distance / météo, passées dans la discipline ).

Selon plusieurs études scientifiques, au bout d'une certaine privation de sommeil, la reconstitution du stock de glycogène musculaire se limite. Ou encore un corps fatigué effectuera moins de réparations structurelles sur les muscles.




Moins dormir à certains moments une carte maitresse !


Par ailleurs, comme nous l'avons vu sur la dernière Transcontinental, le vainqueur Christophe Strasser (célèbre pour ses records), a pris le temps de garder de l'énergie sur la première partie de l'épreuve, pour accélérer au fil des kilomètres, puis sur la fin se priver de sommeil pour garder à distance ses adversaires. Il a donc économisé son corps au maximum pour être fort sur le final.

Nous sommes d'accord ,tout le monde n'a pas les capacités de Strasser, mais encore faut-il bien savoir s'en servir.

Moins dormir, cela se planifie, pour ma part je m'étais entrainé sur une nuit et j'avais bien pris le temps de récupérer derrière pour continuer ma progression. J'avais donc des repères pour l'utiliser en prenant conscience de ce qu'il en ressort sur les heures suivantes.

A vous de tester et voir si c'est un gain ou pas.


Enfin une préparation mentale peut aussi vous aider pour gérer les phases de sommeil ou votre "privation de sommeil". Visualiser, anticiper ces moments vous permettra de moins subir par la suite. Cela permet également d'être plus focus sur certains points et être plus cohérent sur vos choix.




Pour conclure, se priver de sommeil peut amener plusieurs problèmes comme des hallucinations, des pertes de reflexes voir des blessures.

N'oubliez pas que c'est votre loisir et que votre corps vous en avez besoin à vie.

Ecoutez le, respectez le et si vous cherchez des conseils contactez moi !




ref :


VanHelder T, Radomski MW. Privation de sommeil et effet sur la performance physique. Méd. sportive. 1989 avril;7(4):235-47. doi : 10.2165/00007256-198907040-00002. PMID : 2657963.


Nédélec M, Chauvineau M, Guilhem G. Sur la route de Camarón : le sommeil d'un athlète d'ultra-endurance à vélo 10 000 km en 24 jours. Revue internationale de recherche environnementale et de santé publique . 2022 ; 19(8):4543. https://doi.org/10.3390/ijerph19084543



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